L’expansion rapide de Starlink au Cameroun suscite l’attention des autorités. Lors du lancement du programme Industry Maker ACADEMY (IMA24), la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a annoncé une demande à Starlink de suspendre ses services dans le pays. La ministre qui interdit Starlink au Cameroun soulève des questions sur la régulation des technologies émergentes et la protection des données des utilisateurs.

Starlink interdit au Cameroun

La ministre a souligné que bien que le marché camerounais soit ouvert, il est également réglementé. Starlink doit obtenir une licence officielle pour opérer légalement au Cameroun. En l’absence de cette autorisation, l’utilisation de ses services par les Camerounais est considérée comme illégale. Le Cameroun interdit Starlink. Cette situation préoccupe les autorités en raison des risques potentiels pour la sécurité et la confidentialité des données des utilisateurs.

Les préoccupations de la ministre

Minette Libom Li Likeng a mis en avant les défis liés à l’utilisation non réglementée des services Starlink. Elle a mis en avant l’importance de protéger les données des utilisateurs et alerté sur les risques de sécurité à long terme avec Starlink. La ministre exprime également son inquiétude pour Camtel si Starlink ne fait pas l’objet d’une réglementation.

Minette Libom Li Likeng interdit starlink cameroun

J’ai déjà reçu la directrice Afrique de Starlink et nous lui avons dit que le marché camerounais est ouvert, mais réglementé. Il faut avoir une licence et nous leur avons donné les conditions pour le faire. Mais, il se trouve que comme le coût des forfaits d’Internet par satellite de Starlink est bas et que nous vivons le phénomène de la mondialisation, quelques Camerounais se sont procuré des équipements Starlink qui sont très faciles à manipuler. Il suffit d’avoir l’équipement Starlink, d’avoir un code, vous le branchez et vous êtes connecté. Avec tous les risques que cela comporte

La protection des données personnelles est comme je me protège et comme je m’habille. Il faut que je m’assure qu’il n’y a pas de bandits dehors. Si vous allez sur les nouvelles technologies, vous laissez des informations et vous ne vous souciez pas de comment elles sont protégées et gérées, vous vous livrez à la merci des bandits. Et ils pourront faire de vous ce qu’ils veulent. Voilà pourquoi j’ai signé une note il y a quelques jours à l’adresse de Starlink pour leur demander de bloquer les utilisateurs camerounais. Parce que pour le moment, c’est dans l’illégalité. Ils n’ont pas l’autorisation

J’ai demandé aux utilisateurs d’attendre que Starlink ait officiellement la licence pour opérer et protéger le marché. Nous savons qu’au Cameroun il y a Camtel, l’opérateur historique. C’est le seul qui est compétant pour gérer les infrastructures de transport. Une solution va être trouvée. Là aussi je dis que si Camtel ne se réveille pas pour être performant, Starlink va le balayer. C’est donc pour dire que, pendant que vous êtes contents de voir qu’on a balayé Camtel, si vous laissez qu’on balaie Camtel sans encadrement, c’est vous-mêmes qui serez balayés après, parce que vous serez dépendants de Starlink qui prend vos données et qui les gère avec tous les dangers possibles

Minette Libom Li Likeng

Action gouvernementale

Face à ces préoccupations, le gouvernement camerounais a officiellement demandé à Starlink de suspendre ses services dans le pays. Cette décision fait suite à des actions similaires prises dans d’autres pays africains, notamment la RD Congo, la Côte d’Ivoire et la Guinée. Les autorités ont invité Starlink à se conformer aux procédures réglementaires et à obtenir une licence pour opérer légalement au Cameroun.

Perspectives d’avenir

Starlink revendique déjà une présence dans certains pays africains, dont le Nigeria, le Mozambique et le Rwanda, et prévoit de s’étendre davantage sur le continent en 2024 et 2025.
Cependant, les régulateurs télécoms africains font face à des dilemmes lorsqu’ils régulent Starlink et rivalisent avec les opérateurs locaux. L’avenir de Starlink en Afrique dépendra de sa capacité à répondre aux exigences réglementaires et à surmonter les obstacles techniques.

Mon Avis

Starlink n’a jamais fonctionné de façon officiel au Cameroun. Jusque là, les utilisateurs avaient l’habitude de se procurer des kits en les achetant hors du territoire. Sans oublier que même l’enregistrement d’un kit n’est pas disponible pour le Cameroun. Certes Starlink n’est pas réglementaire mais jusque là ils n’ont pas entamé de vente sur le territoire du pays. Tous les utilisateurs utilisent des abonnements de roaming soit du Nigeria ou Rwanda. De ce fait, il n’est pas vraiment possible d’interdire une chose qui n’existe pas. La seule possibilité pour le gouvernement Camerounais de palier à cela serait d’interdire la vente passant par des tiers.
On peut aussi remarquer que le motif donné par la ministre n’a pas vraiment lieu (protection de données). Dans un pays où la majorité des responsables des administrations publiques utilisent encore yahoo, gmail et WhatsApp comme principal moyen de communication électronique.

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Conclusion

La demande de suspension de Starlink pose des questions sur la régulation en Afrique. Trouver un équilibre entre l’innovation et la protection des intérêts nationaux est crucial. L’avenir de Starlink au Cameroun dépendra de sa coopération avec les autorités.